Le pays

Le Canada est un pays à construire. Le pays est très peu peuplé (32 millions d’habitants). Le territoire pourrait être bien plus peuplé. Les clichés sont vrais ici comme en France. Le patron (vrai paysan) est radin comme un Auvergnat, il ne dépense rien, il reçoit (ses tracteurs, on les lui adonné, idem pour la caravane dans laquelle je loge et pour à peu près tout ce qui sert à l’exploitation). Les « trucks » sont populaires malgré le fait qu’ils consomment ~20L au 100. Il y a beaucoup d’obèses (et 25% de diabétiques d’après ce que l’on m’a dit). La main d’œuvre, c’est du « consommable ». L’homme dans sa dimension spirituelle et corporelle a peu de place, on est très matérialiste. En même temps j’ai la sensation de prendre le pli. J’ai l’impression que le canadien moyen s’emmerde à mourir dans sa vie. La plupart passent leur vie à bosser pour payer la bagnole et éventuellement éventuellement une maison avec les accessoires tels que le bateau, le camping-car, le jet-ski, etc … Le fils du patron est assez représentatif de la campagne. Il bricole des caisses. On l’entend arriver de loin mais il ne va pas très vite : il conduit avec un pied sur le frein et l’autre sur l’accélérateur. En même temps … C’est pas si éloigné du scooter ou de la GTI dans les campagnes françaises mais à une autre échelle. La voiture est un élément important du respect. Les gens que je croisent sont plutôt bons, mais les mentalités sont archaïques. J’ai l’impression (peut-être est ce une projection de mes désirs) que beaucoup souhaitent le changement mais que personne ne sait par où commencer ou n’a le courage d’agir.

Je viens d’acheter une voiture après avoir vraiment galéré en stop (~200km/jour). Comme disait le papy : « sans voiture ici c’est comme cul de jatte avec un bras en moins ». Çà va être pratique pour faire des randonnées, aller faire les courses, aller se baigner au lac et puis çà me permettra de stocker mon vélo. J’ai pris la décision après avoir entendu des récits de la traversée des rocheuses en stop : 1 semaine pour une distance somme toute modeste, un climat aléatoire, aucune ville pendant des centaines de bornes … Et aussi marre d’être catalogué vagabond. En même temps les rencontres vont me manquer. J’ai notamment rencontré le monstre du Loch Ness de l’auto-stoppeur : un truc dont tout le monde parle mais que personne n’a jamais vu : la nana mignonne qui me hèle sur une aire d’autoroute et qui me drague de manière éhontée en chemin. J’étais plié en 2, inversion totale des stéréotypes.

L’économie du pays est largement soutenue par l’exploitation des matières premières. Sur l’autoroute, j’ai été surpris par le nombre de camions transportant du tube à pipe line, du tube à derrick et des morceaux d’excavatrices. Le Canada est devenu le premier fournisseur de pétrole des USA (j’avais écrit du pays, lapsus révélateur). De ce que j’en ai entendu, la pollution aquatique est dramatique dans certaines zones du fait de l’exploitation des sables bitumineux. J’ai vu de gros tas de souffre dans le port de Vancouver. C’est le souffre qui est extrait du pétrole. Si, je peux j’essayerais d’aller travailler dans cette zone (l’Alberta du nord, Fort Mc Murray) pour voir par moi-même ces chantiers démesurés. Cette ruée sur le pétrole illustre bien la manière d’exploiter les richesses du pays. On met le paquet et on ne tient as compte des contraintes environnementales. De toutes façons le pays est bien assez grand pour encaisser. Cependant beaucoup glosent sur la fuite de pétrole dans le Golfe du Mexique. Je ne sais pas ce qu’il en est réellement mais d’après les rumeurs c’est Tchernobyl là bas.

On m’a proposé d’aller faire les moissons en Septembre. C’est en Alberta donc j’irais probablement pour voir les grandes plaines, les ciels incroyables et aussi comme çà je serais sur la route de Fort Mc Murray.

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Kelowna

Je suis maintenant à Kelowna, capitale de l’Okanagan. Ce territoire ressemble à la provence (ou à la Drôme pour être plus précis). Il fait chaud et sec, il y a des averses orageuses tout les jours vers 14h mais çà sèche très vite. Le pays est plein de vergers (pommes, cerises, poires, pêches, abricots, prunes …) et de vignes.

Je suis arrivé vendredi à 12h et à 16h je commençais à bosser. Bon je dois dire que je n’ai pas été regardant sur le boulot et que j’ai un peu menti sur mes compétences mais ma foi çà a marché. Je bosse donc désormais à faire du « thinning » (=amincissement), c’est-à-dire à enlever les petites pommes des pommiers de manière à ce que celles qui restent soient plus grosses et plus belles. L’avantage de bosser dans une ferme c’est qu’on est logé, au calme et en plus on peut manger les légumes du jardin qui trop bons !! L’inconvénient c’est qu’on ne rencontre pas grand monde.

Les gars avec qui je bosse sont sympas mais pas gâtés par la vie. Les 2 qui habitent sur place avec moi sont Québecois. Raymond bosse ici à l’année ou presque. Yoland lui est arrivé là comme un bateau s’échoue sur une plage. Il vient de Montréal. Il a croisé Raymond en ville qui lui a donné 10$ pour mettre de l’essence dans sa voiture et qui lui a proposé de venir bosser au thinning. Il n’avait plus un sous en poche, pas de boulot, plus d’essence pour se déplacer, bloquer sur le parking du supermarché.

Yoland s’est cassé le bras deux jours après avoir commencé, bêtement, en tombant de 1m20. Il a une couverture sociale au Québec mais çà ne marche pas en Colombie Britannique. Du coup il est là dans sa voiture à attendre. Le bras est en plusieurs morceaux, il faudrait qu’il se fasse opérer. Il ne sait pas s’occuper de lui même et il se laisse dépérir. Dave (le patron) cherche une solution.

Il y a aussi Steeve qui bosse avec nous. Il doit avoir la trentaine. Il est athlétique et a rouler sa bosse un peu partout. Il est diabétique mais n’a pas de fric pour se payer un traitement basique (~450$/mois). Il n’est pas venu travailler aujourd’hui. Trop d’insuline hier à priori, il se sentait mal. Il ne peut pas se payer les bandes pour mesurer sa glycémie.

Je me sens un peu merdeux à bosser pour payer l’assurance de ma voiture et pour m’acheter un vélo quand d’autres sont vraiment dans une situation délicate. En même temps je ne peux pas faire grand chose de plus qu’être un bon compagnon. Ou alors il faudrait que j’y consacre ma vie. Le boulot est payé au SMIC local (9,15$/h). Alors je bosse tant que je peux en attendant les cerises (mieux payées). J’arrive à tenir ~60h/semaine. C’est peu. La dispersion des revenus est très forte. Un mécano gagne ~25$ de l’heure, 50 pour de la mécanique spécialisée (genre TP) et c’est facile de faire des heures sup’ (payées double). Pour des boulots très qualifié je ne sais pas mais je suppose que çà gagne très bien.

La bulle immobilière est impressionnante en BC. Ici à Kelowna, un logement « prime » a pris 500% entre 1997 à 2007 et un logement standard 270%. Il y a 12 golfs dans la ville (130 000 habitants) et 31 dans la région. Un terrain avec vue panoramique sur le golf et sur le lac s’est récemment vendu 6M$. Ce terrain ne valait pas grand chose il y a 10 ans et rien il y a 20 ans. Si le golf n’est plus entretenu ce terrain ne vaudra plus grand chose. L’aéroport local est le 10° du Canada. Et en effet je vois une bonne vingtaine dizaine d’avions tout les jours. C’est exagéré à mon goût. Décorrélé du réel, les vergers, qui ne rapportent pas grand chose. Les agriculteurs préfèrent une catastrophe naturelle à une bonne récolte, ils gagnent mieux leur vie. En me baladant j’ai vu beaucoup de vergers abandonnés ou mal entretenus. Le vin à l’air de rapporter plus mais il est pas bon (pour un français).

En BC (Colombie Britannique), il y a beaucoup d’herbe. Je sens souvent l’odeur du joint, partout.  A Kelowna, beaucoup de saisonnier ou de paumés qui sont là pour l’été, parce qu’il y fait beau, qu’il y a du boulot et qu’ils vont pouvoir faire la fête tout l’été. La BC est réputée en Amérique du Nord pour la qualité de son herbe. De fait, pas un jour sans croiser quelqu’un qui fume un pétard dans la rue. Raymond fume un joint dès le petit déjeuner, comme tout les saisonniers avec qui je suis. Je pense que çà a joué dans la chute de Yoland. Sur prescription médicale on peut acheter de l’herbe et en faire pousser. Il y a un énorme marché noir, avec probablement des sommes colossales en jeu. Le prix de l’herbe est élevé : aux alentours de 7$ le gramme (un mec comme Raymond doit fumer 3g par jour). Le marché est mondialisé m’a t-on dit pour expliquer le prix élevé de la marchandise qui est pourtant produite localement. Les Québecois sont mal vus dans la région. Ce sont souvent eux qui fument et qui chapardent.

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Un autre panorama …

C’était :

Dommage que la visibilité ait été médiocre

Edit : le même lieu vu de l’intérieur et la même vue de jour :

Bloedel Conservatory

L'intérieur du Bloedel Conservatory

Vue du Bloedel Conservatory

Vue du Bloedel Conservatory vers downtown

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Réflexions sur le mercantilisme

Ce qui est étonnant ici, c’est le mercantilisme généralisé. Par exemple le Coca se vend moins cher que l’eau et dans des bouteilles bien plus grosses. On ne peut pas savoir si on appelle un portable par le numéro (et si il n’est pas à côté de soi c’est beaucoup plus cher), un compte bancaire est payant, les informations nutritionnelles sont mal foutues, les prix au kg pas obligatoires …

L’alimentation est très chère et il y a peu de produits élaborés de qualité. Ceci dit les fruits et légumes sontexcellents et la supérette du coin a souvent énormément de produits, pas plus chers qu’au supermarché. L’alcool est hors de prix (14$ le pack de bière, 8$ la bouteille de vin).

Même si il est possible de vivre sans voiture, une voiture est plus que conseillée (à la campagne du moins) pour trouver un job, pour faire ses courses, pour ouvrir un compte en banque … Comme me disait un papy : ici sans voiture c’est comme être cul de jatte avec un bras en moins.

Le dit papy m’a pris en stop. C’était un canadien d’origine allemande, négationniste. Pour lui, ce sont les américains qui ont portés Hitler au pouvoir et les compagnies pétrolières ont inventé l’histoire du pic pétrolier pour masquer le fait qu’il y a du gaz à peu près partout et que tu peux faire rouler ta voiture juste ne faisant un forage au fond de ton jardin. Ca ne vous rappelle pas quelqu’un ? 😉 Ceci dit il était très sympa et il m’a déposé au bord d’un lac où j’ai passé la nuit au milieu d’un paysage superbe. Il m’a aussi filé un épi de maïs, un oignon et de la limonade pour la soiré. Même si il était frustré par la vie ce type restait très humain.

J’ai donc passé la nuit au bord du lac Kennedy au milieu d’une route avec aucun village à moins de 50 kilomètres. On comprend mieux que la couverture du GSM soit si ridicule au Canada. Etonnament, il y a pas mal de personnes qui sont passés avant la nuit. Visiblement pour promener leurs clebs et profiter du paysage avant de rentrer chez elles.

J’en menais pas trop large le soir, entre les histoires d’ours et les histoires de Cougars …Bon ceci dit ce qui m’a fait passer une mauvaise nuit ce sont plutôt les moustiques. Première nuit qu’ils sont là. Je vais sortir la moustiquaire.

Je suis arrivé à Tofino le matin. Station balnéaire très réputée.La chambre en dortoir d’auberge de jeunesse à 46$ ! J’ai laissé quelques CV –sans conviction- aux fermes piscicoles.

Je suis reparti en stop vers Nanaimo pour aller cueillir les fruits dans l’Okanagan. J’avais hâte de découvrir ce coin qui est le seul désert canadien. Finalement, de fil en aiguille j’ai passé plus de temps qu’anticipé avec mes covoitureurs. Ils m’ont amenés jusqu’au ferry que l’on a pris ensembles puis ils m’on proposé de passer la nuit chez eux et cela fait maintenant bientôt une semaine que je squatte chez eux. Ca rappelle Carcassonne. Ils sont 4 (ou 5 selon les moments) et on s’entend super bien. J’apprends pleins de choses et réciproquement. On boit des bières sur le toit du garage le soir et on se fait de bonnes bouffes. C’est assez peinard. On est allez manger chez les Sikhs qui offrent le couvert. Marrant, bouffe très bonne. Pas mal d’expériences un peu spéciales comme çà. J’en suis là et je me demande quand est ce que je vais décoller. Ils n’ont pas l’air pressés de me voir partir et je me sens bien mais j’aimerais bien trouver du boulot mais pas à Vancouver. Je vais attendre la big fiesta du week-end pour prendre une décision.

En fait ici les valeurs sont assez différentes de la France. La tradition et la culture ont peu d’importance. Chacun est relativement libre de vivre comme il l’entend et la diversité est énorme. C’est vraiment appréciable. Je n’ai jamais ressenti une telle impression de liberté que dans ce pays (et je ne suis pas le seul).

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Downtown by night

Un joli panorama du centre de Vancouver que j’avais pris du haut d’une grue avant de faire le West Coast Trail. C’était quand j’étais dans l’hôtel de Backpacker surnommé Neverland et ou les paumés s’échouent.

Impressionant !

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Le West Coast Trail

Une randonnée dure, belle aussi. Le récit complet sur le forum MUL.

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Premier pas …

Pile deux semaines et un jour que j’ai débarqué à Montréal. Comme je m’y attendais, ce n’est pas si différent de la France. Je m’explique : on reste dans le cadre d’un pays occidental, au niveau des structures sociales. Il y a d’autant moins de différence qu’à Montréal on parle Français.

J’ai rencontré dans l’avion un gars qui m’a un peu « briefé » sur les habitudes locales. Notamment, on mange tôt et vite, on se couche et se lève tôt. Je me suis installé dans une auberge de « backpackers » comme il y en au beaucoup. C’est pas cher (15$ la nuit), très propre, on a accès à une cuisine et c’est assez animé. Je n’ai pas pu résister j’ai acheter un vélo dès les premiers jours. Voilà la bête :

La bête !

Un vrai vélo "made in canada"

Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, Montréal est une ville pleine de cyclistes et de pistes cyclables. La mode est au vélo de route ici, on ne croise pas un seul VTT. Même si la ville est assez « cyclable », la plupart des cyclistes se cantonnent aux pistes. Elles sont très agréables, en site propre, et empruntent souvent des itinéraires différents des routes. Il faut dire que les automobilistes n’aiment pas les vélos : ils n’ont pas l’habitude de partager la route avec eux.

La ville parait petite comparée à Paris, presque provinciale en dépit des grattes ciels du centre. Cependant c’est très étalé car très bas (1 étage en général). Il n’y a pour ainsi dire pas d’immeubles (ni de ghetto d’ailleurs). Le métro est très propre et d’un gabarit plus grand qu’à Paris. Il n’est jamais surpeuplé, les gens ne font pas la gueule et c’est vraiment plus agréable qu’à Paris.

La ville se situe sur une (très grande) ile au milieu du St Laurent. La taille du fleuve et sa puissance n’ont rien à voir avec ce que l’on connait en France. La ville s’est développée sur ce site car c’est un point de rupture de charge du fait de la présence de rapides. Le port était un des plus important d’Amérique du nord au 19° siècle (notamment pour l’exportation de céréales) mais parait actuellement sous utilisé. Le gabarit du fleuve est de 8m20, autorisant beaucoup de navires de mer à remonter.

Diaporama :

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Retrouvez les photos dans ma gallerie Flickr.

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